Beaucoup cherchent un trésor sans données historiques, sans matériels appropriés voire même sans fondement. Nous n'étions pas de ceux-là, voilà notre histoire…
L'histoire commence ainsi, l'or des républicains espagnols, un or dont on sait tout, sauf que le montant du convoi aurifère d'arrivée diffère de celui du départ.
Un camion chargé d'or, ne verra jamais la frontière française, ses conducteurs, peut être plus intelligents que la moyenne, avaient bien compris que rien ne servait de défendre une cause déjà perdue d'avance, alors autant penser à soi car c'est bien connu autant se servir par soi- même.
Voilà comment sept tonnes d'or ce retrouvent dans la nature…
Samedi 15 avril 2006, 7h30 du matin, on tambourine à notre porte d'hôtel, une voix gaillarde et pourtant féminine nous harcèle et répète inlassablement
" Les gars, on s'en va sans vous !!! ".
La soif de l'or commence à faire ses effets…Qui n'a jamais vécu de prendre un café sous le regard de ses compagnons de fortune bien calfeutré dans une voiture, n'a jamais vécu…Tout est y passé du klaxon prolongé, à l'appel de phare, et même à l'intimidation du bref démarrage !
Bon grés mal grés, nous voilà partis, direction la Vajol, un petit coin de nature identique à Rennes les Bains.
La Clio audoise ouvrait la route à forte allure, derrière notre belle Ford avait du mal à suivre, il faut dire que nous étions bien chargés et que notre chauffeur très philosophe répétait en boucle " de toute façon, il n'y a qu'une route…on les aura "
Dans les lacets de la terre promise, les rêves se réveillent et le café fait son effet, on va y arriver, on va trouver et nous allons trouver !
Le mauvais temps se mêle aussi de la partie, la pluie fait son apparition, la Clio ne semble pas apprécier l'eau, elle a perdu toute son ardeur du début.
Rico, regardant toujours le coté positif des choses, nous fait remarquer, à juste titre que creuser par temps de pluie, c'est beaucoup plus simple.
Neuf heures, nous voilà à bon port.
A l'instar du matin, il n'a fallu que quelques minutes à l'équipe pour se mettre en branle. Les coffres de voiture s'ouvrent, et chacun prend sa tenue,
… Casquette, imperméable, et tenue kaki s'enfilent.
Tout le monde est prêt, le cérémonial peut commencer, les détecteurs à métaux sont montés et activés, ce qui est étrange dans ces moments là, c'est que même un novice de cet art, sait le monter, le brancher et devine même son fonctionnement.
" Républicains nous voilà " lance Galahad, tout en brandissant bien haut une pelle, et d'un coup la pluie cesse. (Pour moi, cette relation de cause à effet est au demeurant toujours aussi étrange)
La chasse est ouverte…
Et nous voilà partis par groupe de deux, cette colline de la Vajol n'a plus de secret pour nous, chaque centimètre carré fut ratissé et analysé.
Jeff sautait de trou en trou suivit par Marie. Asmo qui avait eu un signal très fort en début de quête, s'évertuait à creuser le centre de la terre. Galahad examinait les rochers, éléments naturels immuables qui comme pour lui et pour moi furent peut-être des bornes de repérages en vu de revenir chercher l'or !
Blanchefort pendu à son portable nous regardait d'un œil bienveillant, on eu dit qu'il avait déjà trouvé.
Alors que certains très tôt le matin avaient poussé le caddie pour nous préparer le pique nique (merci à eux), Asmo dans son trou de prés de soixante centimètres, nous trouvait enfin un couteau pour s'occuper de la saucisse…Jeff nous empilait les cartouches, galahad de bip en bip s'assurait de la logistique des pelles et Rico nous inventait un nouveau sport.
Boudet aurait certainement appelé ce Sport : Throw Detector Bramble…Le principe en est fort simple, à chaque bruit suspect de véhicule ou autres, vous envoyez un détecteur de métaux dans un tas de ronce le plus proche.
Et puis d'un coup la semonce, …la fameuse phrase impérative : " Venez Voir ! ".
Effectivement, pour voir, on a vu. Les Romains disaient Vae Victis.
Vaincus, dans le sens ou devant nos yeux, la solution de cette énigme trésorière s'imposait.
Un vaste trou de 6 mètres sur 3, avec 60 cm de profondeur était devant nous.
Ce trou dévoilait de plus ces " fondations " en bois, avec un système de charnières comme pour une ouverture.
Le tas de terre fleurie sur la gauche, témoignait certainement du labeur de nos prédécesseurs, un système de poulie semblait même installé au-dessus du trou...les caisses d'or, c'est lourd !
Je vous passe les commentaires qui ont suivi.
13 heures pointait son nez. Certains continuaient la chasse, disons plutôt s'amuser ; d'autres préparaient le repas pour la venue du Superviseur, qui après quelques facéties nous a entraîné vers une autre aventure expéditionnaire.
Mais là, c'est une autre Histoire…
G.